
Auto-entrepreneur dans les médias : ce que personne ne vous dit vraiment
PENSÉES D'UN ENTREPRENEUR
Aurélien Cailloce
5 min read
Je vais vous dire quelque chose que peu de personnes dans le secteur des médias osent admettre publiquement et pourtant, cela ne sert à rien de vendre de la magie.
Travailler dans une télévision locale en tant qu'indépendant avec une émission par semaine, cela ne va pas vous faire vivre, en moyenne, c'est la paie se situe entre 200 à 250€ par émission, soit entre 800 à 1000€ par mois et bien sûr avant que l'URSAFF passe par là.
Ce n'est pas un jugement, je ne serai pas à mon niveau actuel sans avoir passé 7 ans sur LMtv Sarthe, j'ai tout appris sur ce média ancré au local, mais il faut aussi parler de la réalité financière que peu de personnes vous dit quand vous voulez faire de la TV, votre métier principal.
La réalité financière qu'on ne vous montre pas
Le mythe de la télévision qui fait vivre
Je vais vous parler du moment où j'ai commencé à être payé pour faire ce métier, oui les deux saisons comme chroniqueur bénévole ça ne compte pas pour cet article vu que l'on parle argent. J'ai commencé "Les Sarthois(es) du web sur LMtv Sarthe au moment du confinement en mai 2020, j'avais un CDI au Pathé du Mans comme agent d'accueil.
Sur le papier tout va bien, une émission par semaine et un CDI en temps partiel, pour être honnête je gagnais environ 2000-2200 €. Mais lorsque j'ai pris la décision de faire uniquement ces métiers passions, c'est mission impossible, faîtes le calcul mais 200€ par émission, ça ne paie pas un loyer.
Alors, grâce aux compétences techniques que j'ai acquise sur la chaîne locale (animation, tournage des reportages, montage, communication), j'ai fait ce que font beaucoup de professionnels des médias freelance, je me suis diversifié. Créer des ateliers, faire de l'événementiel (table ronde, conférence, conventions, salons professionnels, faire du montage pour des Youtubeurs, créer du contenu UGC). Et en faisant cet article, je vois qu'au final je me suis pas mal diversifié.
Je ne veux qu'une chose : vivre de ma passion !


Des mois creux, manque d'anticipation
Avant de me lancer complètement, ce fameux saut dans le vite, j'ai enchaîner pendant 3 ans le CDI et LMtv Sarthe et je pensais avoir un réseau très solide et j'ai vite compris que l'on n'a jamais assez de réseau quand on est indépendant.
Les mois creux arrivent et le choc peut être violent surtout quand on vient d'un environnement un peu plus stable et on peut manquer d'anticipation (Ah et ce que je n'ai pas dit c'est qu'une séparation se passait en même temps avec vente des parts de la maison, pourquoi faire simple hein ! 🙃)
L'événementiel, les ateliers, les médias, tout ça, c'est saisonnier, il faut savoir anticiper, avec des projets en cours, diversifié ses sources de revenus, mais surtout avec des prestations régulières comme par exemple la création de contenus vidéos UGC ou le montage de formats longs que je fais pour Charly Frigoul. Sinon l'été risque d'être long mais reprendre un travail alimentaire au cas où ça ne marche plus assez ne m'a jamais fait peur.
Mais bref ! Vivre de sa passion, c'est mieux. Mais tout ce que je viens de vous dire ce n'est pas uniquement dans les médias c'est de façon générale lorsque l'on est indépendant.


Du réseau mais jamais assez !
Remise en question et syndrôme de l'imposteur
Se vendre, douter, se motiver
Être indépendant, c'est génial quand ça fonctionne ! Vraiment, on peut adapter ses horaires, si on fait du full-remote, on peut travailler de n'importe où, mais ça, c'est quand ça marche.
Prospecter, aller dans des clubs, des réseaux d'entrepreneurs, de business, relancer les devis et les factures, des projets qui tombent à l'eau alors qu'on est le candidat idéal, ce n'est pas moi qui le dit, c'est "Rue du Commerce" où je devais créer du contenus mais à cause de problème de logistique c'est tombé à l'eau. C'est la réalité du freelance.
Et je ne vous parle pas du syndrome de l'imposteur ou illégitimité, lorsque je faisais une émission où je n'étais fier de moi, je faisais une petite erreur que seul moi remarquais, c'était la remise en question entière jusqu'à me dire si j'étais fait pour ce métier. Mais, on apprend à s'en débarrasser aussi grâce aux autres et aux retours des invités, des personnes qui vous embauche.


Le retour au salariat mais ... à la RADIO !


Être freelance n'était plus viable, ça devenait de la survie.
Je tombe sur une annonce d'une radio locale à 20 km de chez moi, en CDD. Sur le papier c'est parfait : 35h, des horaires corrects, mon travail passion qui mêle interviews, montage, rencontres et reportages. Mais j'ai eu un vrai moment de peur et de doute, revenir dans un emploi aux horaires fixes, même dans les médias.
Ma mère m'a dit : "Sans argent, on n'est pas libre." Et ça a résonné en moi.
J'aurais pu refuser pour rester indépendant mais fauché. J'ai accepté. Et j'ai commencé rapidement. Résultat : plus de 40 heures de journalisme par semaine sans oublier les prestations en événementiel. Tout était parfait. Enfin presque.
J'aurais pu continuer car c'est plutôt bien payé, des horaires fixes, un CDI en radio il y a pire. Mais j'ai besoin de faire plein de choses différentes et complémentaires pour être épanoui. Une semaine de remplacement en radio, une hebdomadaire en télévision, de la scène, des événements, des projets UGC, du coaching. Si en un mois vous me dites que je vais faire toutes ces choses, je signe tout de suite.
Ma vérité et mes expériences
Quand vous savez que vous êtes fait pour une spécialité, ne lâchez rien ! Pour ma part, c'est la création et le journalisme, c'est stimulant, c'est passionnant et c'est unique. Mais il faut une lucidité financière que peu de monde enseigne et surtout une résilience mentale que vous allez développer sur le tas.
Ne quittez pas votre CDI avant d'avoir au moins 6 mois de revenus de côté, diversifiez-vous. Les places sont chers dans les médias, et je le dit à chaque fois, si je ne faisais que de l'animation, je ne pourrai pas vivre, c'est grâce aux rencontres, aux ateliers, au montage vidéo, à l'événementiel, à la création UGC que je peux vivre correctement.
Devenez polyvalent, essayez, testez, préparez-vous avant de quitter votre CDI et revenir dans un poste salarié et/ou alimentaire n'est pas revenir en arrière. Vous avez l'intelligence d'être au-dessus de votre égo.










